A DIM 17 - Joyeux fous !

 


Chers frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche nous parlent de sagesse et de folie.

 

Le futur grand roi Salomon qui, alors qu’il peut tout obtenir de Dieu: la puissance, la richesse, la gloire, la santé… ne sollicite de lui que « la sagesse ».

C’est fou, n’est-ce pas ?

C’est comme si un génie vous accordait un vœu, un seul, n’importe quoi…, et que vous ne lui demandiez qu’un peu de sel pour assaisonner votre soupe. Quel gaspillage !!

 


Et c’est pas mieux dans l’évangile : Imaginez la scène. Un homme se promène. Il trouve un trésor caché dans un champ. Que fait-il ? Il cache à nouveau le trésor, court chez lui « plein de joie », et vend tout ce qu’il possède pour acheter ce bout de terre. Ses voisins ont dû jaser : « Tu as vu le gars qui a vendu sa maison ? Il a vendu son lit, sa vaisselle, et même son canapé pour acheter un champ plein de ronces et de cailloux ! Il a complètement perdu la tête. »


 

Que doivent penser sa femme, ses enfants, qui voient tout leur héritage vendu en un jour et sans marchander pour un bête lopin de terre ?  Avouons-le : il y aurait matière à grosse dispute intra-familiale, à procès, et l'homme qui vend tout serait immédiatement placé sous tutelle. Un coup de folie !

…Et c’est vrai que sur le plan humain, ça ressemble à un coup de folie totale.

 

Chers amis, avez-vous déjà été capables au cours de votre vie d’un coup de folie, d’une action ou d’une entreprise que votre entourage ne comprenait pas forcément, mais dont vous ne pouviez pas vous empêcher – parce que vous aviez le sentiment que là, vous aviez décroché le jackpot et qu’en fait vous gagniez au centuple la mise ?

 

Je pense que là, on se rapproche très fort de l’expérience amoureuse ! (D’ailleurs, toutes les chansons décrivent cette expérience comme une folie douce et violente à la fois, dont on n’est pas maître…). Vous vous souvenez de vos émois amoureux ? Et que plus rien d’autre ne comptait alors à vos yeux ?

 


L’expérience que décrit la parabole du trésor est de cet ordre je crois.

 

Je ne peux m’empêcher de penser au moment où j’ai réalisé que je désirais par-dessus-tout m’engager dans la prêtrise… et que j’ai dû ensuite l’annoncer à ma famille, mon entourage. C’est vrai que je lâchais pas mal de choses qui auraient aussi pu me rendre heureux : le mariage et la vie de couple, la possibilité d’avoir des enfants, d’avoir une situation, un métier rémunérateur…

Mais j’avais le sentiment – et je crois ne l’avoir jamais perdu grâce à Dieu même aux jours difficiles – que je gagnais autre chose d’infiniment précieux, et que finalement je ne perdais pas au change.

Cet « autre chose » est plus difficile à nommer. Jésus le compare, l’appelle : « un trésor ». Personnellement, je crois que c’est une aventure d’amour.

 


À cause de ce trésor, j’ai bien voulu être « fou » aux yeux du monde. Et je ne le regrette pas. Parce que le monde me semble bien plus fou, lui, mais d’une folie furieuse et contagieuse, une logique démentielle et pernicieuse (le profit et l’accumulation, l’auto-glorification, l’instinct débridé de puissance…) qui conduit beaucoup de gens à leur perte, en leur enlevant leur humanité. En les coupant aussi de Dieu.

 

En fait, Jésus nous parle ici du Royaume des Cieux. C’est-à-dire la manière de vivre en enfants de Dieu, selon la logique de l’évangile. Et la bonne nouvelle, c'est que ce Royaume n'est pas une obligation pesante : des devoirs, des contraintes aliénantes, des « sacrifices ». Non, c'est un trésor qui rend profondément joyeux-heureux !

J’espère que vous l’avez trouvé, vous aussi. Il est à portée de main ! Il suffit de tomber amoureux… car pour aimer véritablement Dieu, il faut avoir eu un jour un coup de foudre : « Ah oui mais , ça c’est génial, cette parole de l’évangile, elle me brûle vraiment le cœur ; ce truc c’est fait pour moi !..... » Et on ne peut plus se passer de Dieu.


 

Chers amis, avez-vous trouvé un jour ce trésor qui a tant de valeur ? Si vous l’avez vraiment trouvé, vous êtes prêts alors à tout pour l’obtenir. À vendre ou à lâcher ce qui vous empêche véritablement d’aimer comme un disciple, un ami du Christ :

 

  • Vendre son confort : accepter de bousculer son emploi du temps et son porte-monnaie pour aider un proche, soulager des peines, partager avec ceux qui manquent de l’essentiel.
  • Vendre sa rancune : liquider un stock de vieux ressentiments qui prend la poussière dans notre cœur.
  • Vendre son orgueil : admettre que nous n'avons pas toujours raison (le deuil le plus difficile pour beaucoup d'entre nous !) et se réjouir de ce que les autres font et sont.

 

Ce n’est évidemment pas nécessaire pour acquérir ce trésor d’entrer dans les ordres pour devenir prêtre ou religieux ; mais il faut vraiment tomber amoureux, et avoir envie de donner sa vie : à sa famille, à ceux que nous rencontrons et ceux avec qui nous partageons cette planète…

 

L'acheteur de l'Évangile n'est pas triste de tout vendre. Il liquide son passé avec le sourire, parce qu'il sait que ce qu'il va obtenir a infiniment plus de valeur.

 

Alors ? Êtes-vous prêts à tout bazarder ? Voulons-nous être de joyeux fous ?. . .

 

La suite de l'Évangile nous parle d'un filet jeté dans la mer qui ramasse « toutes sortes de choses ». À la fin, les pêcheurs s'assoient et font le tri : le bon dans des paniers, le mauvais dehors.

C'est une image très parlante de nos propres vies. Notre quotidien ressemble souvent à ce filet de pêche. Nous ramassons tout : les urgences, les notifications de smartphones, les potins, le stress, et parfois, un peu de prière et d'amour.


 

Jésus nous invite à faire comme ces pêcheurs : un grand tri sélectif spirituel. Qu'est-ce qui est bon et nourrit mon âme ? Qu'est-ce qui est toxique et doit être rejeté ?

 

Pour conclure, le scribe devenu disciple ressemble à un maître de maison qui tire de son trésor « du neuf et de l'ancien ». La foi n'est pas une vieille brocante poussiéreuse où on va rechercher des vieilleries comme font certains traditionnalistes. C'est un trésor toujours nouveau, qui ne garde de l'ancien que le meilleur pour aujourd'hui.

 


Alors aujourd'hui, demandons la grâce d'être, nous aussi, un peu « fous » aux yeux du monde. N'ayons pas peur de tout miser sur le Christ (et sur ce que nous suggère notre cœur qui a ses raisons que la raison ne connaît point). Le terrain peut sembler aride, mais le trésor caché à l'intérieur en vaut vraiment la peine !

Amen !


CHANT: cliquez sur l'image ci-dessous



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