A TRINITE - Dieu t'a tant aimé



Tout est là.

Tout est inscrit, là.

Notre foi toute entière, notre espérance, notre vie.

 

Est-ce que nous avons une seule bonne raison d’être chrétiens, d’être croyants aujourd’hui, si on vous pose la question ?

 

Eh bien sans aucun doute, c’est cette phrase éblouissante dans l’évangile selon Jean : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16).

 

Dieu a tellement aimé le monde…

 

Est-ce que nous nous rendons compte ? Ce n’est pas banal, ça.

Dieu a tellement aimé le monde. Pas un monde : CE MONDE. Ce monde tel qu’il est, non pas comme nous le voudrions, non pas même comme Lui le voudrait… Ce monde-là dont je fais partie…

Parce qu’Il l’aime, mieux qu’un époux son épouse, il a donné – pas seulement envoyé, donné – son propre Fils son Unique.

En le donnant, il a tout donné. Il se donne Lui-même. Il se perd, il s’implique, il se mêle à l’humain… sans retour.

 

Dieu a tellement aimé le monde…

 


Pouvait-il faire autrement ? Oui, car il est Dieu. Infiniment libre. C’est lui qui a voulu être dépendant de sa créature. C’est fou, c’est énorme !

 

Dieu a tellement aimé ce monde. Ce monde, ça veut dire chacune et chacun de nous : vous, moi… Vous pouvez à la place du « monde » mettre votre prénom :

Dieu a tant aimé, aime tant François, Georgette, Catherine, Bernard, Michel…

Mais aussi,

Trump, Poutine, Dutroux, et j’en passe… Encore plus fou !

 

Vous ne saviez pas que Dieu était fou ? Moi ça fait longtemps déjà que je le sais.

 


Je me souviens d’une maman qui allait voir toutes les semaines son fils qui était en prison à cause d’un meurtre avec viol qu’il avait commis. Elle ne pouvait pas s’en empêcher d’aller le voir. Elle ne pouvait pas s’empêcher de l’aimer : c’était son fils, son enfant…

Dieu est comme cela.

Il n’abandonne jamais.

Cela nous donne de l’espérance, non ? Pour nous, pour le monde – ce monde.

 

Alors là, on touche à l’essence de Dieu, à son être profond. Oui, parce que quand on dit qu’il est « amour », on a tout dit et on n’a rien dit. Comme quand on dit qu’il est « Trinité ».

 

On a tout dit parce que c’est vrai et qu’on n’a pas d’autre mot pour le définir mieux ; on n’a rien dit parce que l’amour c’est concret et qu’il faut pour se le représenter, des actes d’abord – comme la maman vis-à-vis de son enfant - , des attitudes, des images qui font référence à notre expérience humaine. Pour ne pas rester dans l’incompréhensible, l’indicible.

 


Le mystère de la Trinité. Cette histoire de Trinité à laquelle personne ne comprend rien, sur laquelle tout le monde se casse les dents : trois en un, distincts mais unis, unis mais pas confondus… sans écarts mais à distance, identiques mais différents, contemporains mais procédant les uns des autres…

 

Un Père qui crée sans engendrer, un Fils engendré non pas créé, un Fils contemporain du Père, un Esprit un ‘souffle’ qui passe de lun à lautre tout en étant de lun et de lautre, un père qui est « paternité » avant d’être père, un fils qui est « filiation » avant d’être fils

…Et on dit que nos familles dites « recomposées » sont compliquées ? C’est de la blague !

 


Pourtant, malgré cette complexité apparente (parce que nos intelligences ne saisissent que ce qui s’inscrit dans notre logique humaine limitée), malgré cette difficulté conceptuelle, Dieu « Trinité » est simple. Infiniment simple.

Parce qu’il est le modèle, en fait.

 

Et il nous paraît compliqué parce que c’est nous, ce sont ses créatures qui se sont écartées du modèle. Nous sommes toujours à l’image de Dieu Père Fils et Esprit, mais la ressemblance a été blessée, s’est abîmée à cause du péché.

Du coup, on a du mal à le saisir.

Mais il est simple. (L’amour apparaît souvent compliqué, mais il est simple – si on décide de tout lui donner, de tout lâcher...)

 


Jésus est venu pour nous aider à réparer cette ressemblance. Pour que nous puissions vivre à nouveau selon le modèle trinitaire, qui est le don d’amour parfait. C’est pour cela qu’il a donné sa vie.

 

Mieux nous nous aimerons, plus nous serons en Dieu, de Dieu. Et nous le connaîtrons, dans toute sa simplicité.

Comme l’écrit magnifiquement Jean le disciple que Jésus aimait : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jean 4:7-10)

Et il ajoute : « Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »

 

Il faut prier pour que Trump, Poutine et les autres (et nous aussi qui nous croyons bons chrétiens !) connaissent Dieu et son amour.

Le monde ne s’en trouvera que mieux ! (Beaucoup mieux !)

 


Je reviens sur une phrase de Paul dans sa lettre (2Cor 13,11) : « Soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. » 

 

Cette exhortation de l'apôtre Paul est un appel puissant à l'unité. Elle rappelle que la paix communautaire n'est pas passive mais se construit. Lorsque nous choisissons l'entente et l'harmonie, nous créons un espace où Dieu, qui est Lui-même la source de toute paix, peut agir et demeurer avec nous.

 

Ce Dieu d’amour et de paix sera avec nous si nous sommes prêts à prendre ce message à cœur et à nous engager sérieusement à le mettre en pratique.

À quoi bon faire le signe de la croix en disant « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », si nous ne vivons pas notre ressemblance trinitaire ?

 


C’est pour cela que lorsqu’on se serre la main à l’église lors du « baiser de paix » que recommande l’apôtre Paul, il faut que cette salutation soit sincère et non pas machinale ou feinte, car avec ce frère ou cette sœur que nous saluons au nom du Christ Jésus et à qui nous souhaitons la paix, c’est aussi à tous nos frères humains que nous nous adressons, y compris ceux qui nous paraissent les moins aimables.

 

La Trinité est une invitation à vivre en communion. Puisque nous sommes créés à l'image de ce Dieu relationnel, notre vie doit refléter cet amour inconditionnel. Aimer comme la Trinité aime, c'est se donner aux autres, accueillir nos frères et sœurs, et devenir des artisans de paix et de réconciliation dans notre quotidien. Travaillons-y ! Il y a urgence.

 

Ah oui : et n’oublions pas de commencer et de terminer toujours par : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen !


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