A PAQUES 07 - Tout vient de toi
Nous sommes à quelques jours de
la Pentecôte, après l’Ascension.
Les Actes des Apôtres nous
montrent les amis de Jésus qui se sont regroupés après la mort et la
résurrection de leur Maître. Ils sont tous là, d'un seul cœur : les Onze,
Marie, ses proches, et ceux de la famille qui semblent avoir mieux compris qui
était leur «frère».
Ils sont là, au
Cénacle, le lieu où jésus avait fait ses dernières confidences, où il avait
librement offert sa vie, pour nous et pour la multitude des humains. Ils
repassent en mémoire les événements, en particulier les paroles de Jésus le
soir du Jeudi-Saint, la veille de sa mort, et les relisent en fonction de ce
qu’ils ont pu comprendre après la résurrection.
Sachant
qu’il va mourir, Jésus fait le bilan devant son Père et, dans une grande
prière, à la fois simple et solennelle, il nous attire au cœur de leur relation.
C’est tellement fort, tellement beau que j’ose à peine toucher à cette
prière, je vais essayer seulement de l'écouter avec un infini respect et de
faire résonner quelques phrases :
D’abord, l’attitude de Jésus : « Les yeux levés vers le ciel ». C'est l'attitude spontanée de l'enfant qui regarde son père. C'est une manière d'exprimer sa confiance, son amour au Père des cieux.
Et, sur
son visage, le rayonnement d’une infinie
reconnaissance : « Tout ce
qui est à moi
est à toi, Père, comme toi ce
qui est à toi est à moi ».
Ce
visage est celui de l’amour vécu dans un partage total.
« Je suis venu de toi… je
viens vers toi. »
Toute
la vie, tout le mystère de Jésus tiennent dans cette trajectoire lumineuse.
Jésus sait le sens de sa vie et de sa mission ;
L’heure est
venue pour lui
de retourner près de son Père.
Il a rempli sa mission,
Il lui reste à passer
de ce monde au Père par la
mort et la résurrection
Et ainsi à ouvrir la maison paternelle à tous ses
frères et sœurs de la terre,
à leur donner la Vie
éternelle…
Dans une dernière prière il résume sa mission :
Glorifie ton
Fils afin que le Fils te glorifie !
La gloire…
Nous avons du mal à comprendre ce mot biblique !
Nous sommes tellement saturés de gloire humaine, de
gloriole !
La gloire dont parle la Bible désigne le
« poids », la valeur profonde de quelqu’un.
Glorifier une personne, c’est
reconnaître ce qu’elle est vraiment,
et c’est la respecter, l’honorer en conséquence…
Jésus est venu nous révéler le mystère de la Gloire de
Dieu.
Il l’a glorifié
en nous manifestant son cœur de Père .
Sa venue parmi nous est la preuve suprême de son amour
paternel pour nous.
Il l’a envoyé pour que le monde soit sauvé,
pour que tous
les hommes vivent éternellement avec lui…
Nous nous
unissons à ta prière, Jésus.
Oui, Père, glorifie
ton Fils.
Fais que Jésus que tu as envoyé soit reconnu par tous
les hommes
pour ce qu’il est vraiment : ton Fils unique,
le Messie promis, l’unique Sauveur, le seul Chemin qui
conduit vers toi…
Afin que le Fils
te glorifie,
afin que tous les hommes, devenus tes enfants en lui,
membres de son corps,
puissent te
glorifier, te reconnaître comme Père…
Que tous t’aiment avec un cœur filial, du même amour
que Jésus…
Te connaître et connaître
Celui qui t’a envoyé… J’en suis bien incapable, si je ne vis pas de ton
Esprit !
Connaître au sens biblique :
aimer, vivre avec…
C’est cela la
vie éternelle, commencée sur terre dans la foi…
(« Lorsque nous connaissons d'une connaissance d'amour notre Père
des Cieux, là est le salut. Tout prend sens, «même le péché», a écrit saint
Augustin. Et nous devenons des vivants, aujourd'hui et à jamais. Reconnaître
Dieu dans ma vie, «trouver dans ma vie sa présence», c'est n'avoir plus peur de
rien, c'est se mettre à l'écoute de l'Esprit pour vaincre tout mépris, toute
indifférence)
Seigneur Jésus, béni sois‑tu de poursuivre ton œuvre
par l'Eucharistie.
Par elle, tu nous fais partager ta gloire, ta vie
filiale « celui qui me mange vivra
par moi » (Jn 6, 57).
Oui, viens vivre en nous,
Envoie-nous ton Esprit, l’Esprit du Père et le
tien
pour que notre vie soit celle d'un enfant de
Dieu...
et que nous sachions, comme toi, souvent lever les
yeux vers le ciel
et tendre les mains vers nos frères. Amen !
« Viens à la
noce ! »
Je
me suis promené sur la terre, dit le Seigneur de l’univers, j’ai parcouru
toutes les tables du monde, celles des palais, des Elysées et autres sommets de
mondanité et de gloire humaine. Tout était parfait mais rien ne
respirait : à l’opulence des diamants répondait celle de l’argent, à
l’élégance du cristal rivalisait celle de l’opale. Je me suis promené sur la
terre, et les cœurs comme les palais ne m’ont pas reçu : trop convenus
pour être assez nus. Alors je me suis caché, dit le Seigneur de l’univers, je
me suis caché pour être vu.
Oui,
j’ai dressé la table sur la terre pour qu’elle devienne banquet des noces
éternelles. J’ai drapé la scène de la majesté des forêts, j’ai tapissé le sol des
herbes les plus folles, j’ai fait frissonner ma tendresse depuis la candeur du
printemps jusque dans le fragile de l’enfant, et j’ai soufflé sur la nappe de
leur quotidien pour qu’elle se dresse en autel à mon amour divin.
Alors
ils sont venus, les cœurs purs, ils sont venus communier à la noce de mon Fils et
recevoir la joie qui n’a pas de contraire. »
Thierry
Lemoine, poète
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