A PAQUES 06 - Esprit es-tu là ?

 



"Soyez toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en vous" , écrit Pierre le premier des Apôtre. 

"Soyez toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en vous".  (*)


Et il ajoute : « Mais faites-le avec douceur et respect ».

On assène, on impose tellement sa propre vérité aux autres, actuellement !

 

Douceur et respect. Il aurait pu ajouter : humilité.

 

C’est peut-être – non, certainement – parce qu’il en manque, de cette humilité, que le monde ne peut pas recevoir cet Esprit de vérité dont parle Jésus.

 

Or, depuis l’Ascension que nous allons bientôt fêter, depuis que Jésus est parti vers son Père, nous n’avons plus que lui, l’Esprit Saint.

L’Esprit qui nous fait vivre, qui fait de nous des vivants, comme il a ressuscité Jésus.

 

Sans Lui, nous serions des orphelins.

 




Oui, la venue de l’Esprit signe un tournant dans l’histoire de Dieu avec les hommes. C’est le moyen qu’a choisi le Seigneur pour demeurer avec nous, pour être toujours avec nous, alors que sa présence physique a disparu :

 

-La Parole du Christ transmise et contenue dans ce livre, c’est l’Esprit !

-L’Eucharistie que nous allons célébrer, c’est l’Esprit !

-Les Sacrements, la Communion fraternelle, c’est l’Esprit !

-L’Eglise qui nous rassemble, c’est l’Esprit !

 

Sans l’Esprit, la Parole ne nous dit rien, elle est incompréhensible.

Sans l’Esprit, le Christ n’est pas réellement présent dans le pain, la messe est insipide, le curé radote (et les paroissiens dorment).

Sans l’Esprit, pas de Sacrements – que des rites qui ne font rien, ne changent rien à notre vie.

Sans l’Esprit, pas de frères et de sœurs : que des étrangers, qui se regardent en chiens de faïence.

Et pas d’Eglise « Corps du Christ » mais seulement une institution vieillotte et sclérosée, repliée sur elle-même avec tous ses défauts… humaine, trop humaine.

 



Vous voyez que l’Esprit Saint, celui que Jésus appelle le Défenseur, il est vraiment indispensable ! Il n’y aurait pas de chrétiens, ni de christianisme s’il n’était pas venu, et s’il ne venait pas sans cesse sur ceux qui le demandent.

 

Dans les Actes des Apôtres (la 1ère lecture), on raconte qu’une ville de Samarie avait été évangélisée par un des sept diacres, Philippe. Ils s’étaient convertis, et ils avaient même été baptisés.

 

C’est un tableau très joyeux que nous montrent les Actes : les habitants de cette ville se sentaient libérés de tout ce qui les enchaînait dans le mal, qui les paralysait ou les faisait boîter… C’était le premier stade de l’évangélisation où l’on s’attache à la Parole, à l’enseignement de l’Eglise. Il y a une découverte, un émerveillement…





Mais on n’est pas encore pleinement chrétien à ce stade, car on s’est fait baptiser parce que cela nous apporte des avantages, cela nous fait du bien  

 

Or, là, on apprend que l’Esprit Saint n’était encore venu sur aucun de ceux qui avaient été baptisés au nom du Seigneur Jésus !

Surprenant, n’est-ce pas ? Nous, nous avons tellement l’habitude de penser que c’était automatique, que le Baptême conférait l’Esprit Saint dès que l’eau avait été versée sur la tête…

 

C’était oublier quelque chose.

 

=> L’Esprit ne vient que sur celui qui le désire, et qui veut le recevoir de l’Eglise, des Apôtres à qui Jésus a confié cette mission.

En cela, le Baptême ne peut pas « fonctionner » de manière magique ; il faut la participation du baptisé, et de l’Eglise. Alors, l’Esprit peut venir pour nous conformer à Jésus, faire de nous des « alter Christi », des autres Christs ! Et vivre réellement de Lui, de Sa vie, en agissant par Lui.



 

-Et quand le baptisé est trop petit pour désirer l’Esprit Saint, par exemple les bébés ? 

-Eh bien, à ce moment, il faut que les parents le désirent pour lui, et qu’ils l’aident au cours de sa croissance à s’ouvrir à l’Esprit Saint, par une éducation vraiment chrétienne. La Confirmation viendra plus tard fortifier et signer cette relation du jeune avec l’Esprit pour en faire un chrétien accompli qui prend sa place dans l’Eglise et la société en homme et en chrétien responsable.


 

Voilà, je voulais juste que nous nous rendions compte : 

MAIS QUELLE CHANCE NOUS AVONS QUE NOS PARENTS NOUS ONT FAIT BAPTISER ! Quelle chance j’ai ! Je veux dire MERCI chaque jour à Dieu, à mes parents, pour cette grâce !

 

C’est une chance extraordinaire, parce qu’ils nous ont ouvert une grande porte. Et nous, ensuite, nous avons aussi ouvert une porte, la porte de notre coeur, pour que l’Esprit de Jésus, l’Esprit de vérité vienne dans notre vie…

(Pour ceux qui sont inquiets, qui se demandent s’ils l’ont vraiment reçu, rassurez-vous : Vous ne seriez certainement pas ici aujourd’hui si vous ne l’aviez pas reçu, si l’Esprit Saint ne vous avait pas attiré ici – dans cette chapelle, église ! )




 

Et parce que c’est un Défenseur, quand on fait appel à lui, l’Esprit vient toujours à notre secours, dans les épreuves, les difficultés, mais aussi et surtout pour témoigner de Jésus.

 

Quand notre santé nous fait défaut, quand nous nous heurtons à nos limites, nos pauvretés et nos misères, c’est le moment plus que jamais d’appeler et de désirer l’Esprit ;

-d’abord pour qu’il nous fasse reconnaître Jésus vivant en nous, proche de nous dans notre maladie ou notre épreuve, et qui continue de prendre soin de nous, de nous conduire par sa Parole, par ses signes sacramentels,…par l’Eglise,…

-et ensuite pour pouvoir témoigner en rendant compte de l’espérance qui est en nous ! (comme le demande saint Pierre) : c’est d’ailleurs même la prière qui est prononcée quand nous recevons le sacrement des malades – (je ne sais pas si vous l’avez déjà reçu, mais je vous le recommande : c’est quelque chose de formidable ! Vous ne devriez pas quitter cet établissement sans l’avoir reçu car cela peut beaucoup vous aider dans votre convalescence…) :




Voilà, que c’est beau n’est-ce pas ? …et très fort ! Vous aussi, chers malades, vous avez un témoignage à donner ! Le Seigneur compte sur vous. Et pour cela, il veut vous donner son Esprit Saint, le Défenseur !

 

Jésus a des mots pleins de tendresse pour ses amis, ses chers disciples, au moment où il va bientôt les quitter : « Je ne vous laisserai pas orphelins… je reviens vers vous… vous me verrez vivant et vous vivrez aussi… » Et il ajoute : « Celui qui m‘aime et qui garde mes commandements, il sera aimé de mon Père, moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. »




 

PRIONS :

Oui Jésus, nous ne te voyons plus, mais nous savons que tu es là. Tu es là par ton Esprit, qui vit en nous. Je veux te remercier moi aussi, et remercier le Père pour ce cadeau merveilleux du Baptême, de la Confirmation, et du don de l’Esprit Saint : Avec Lui le Défenseur, je ne suis jamais seul !

 

Aide-moi, Esprit Saint, à témoigner que Jésus est ma Vie, que je crois profondément à son Amour et que je l’aime au cœur même de mes épreuves et de mes difficultés, comme Lui et Dieu son Père et le mien, qui me donnent la Force – ta Force, mon Esprit de Vie, pour avancer dans l’Espérance en étant fidèle à mon Baptême.

 

MERCI pour la VIE, MERCI pour la FOI, MERCI pour l’ESPERANCE et la JOIE des SAUVES ! et pour le BAPTÊME qui fait de nous les ENFANTS DU PERE – TES ENFANTS pour l’ETERNITE ! AMEN ! 

 

 


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 (*) Voilà une parole importante pour notre siècle menacé par la désespérance, la dureté, l'indifférence. Personne ne pourra remplir cette mission à notre place. Une génération où ce témoignage n'a pas été donné est une génération perdue : il ne lui reste alors plus d'autre voie que la révolte ou le désespoir. L'espérance qu'apporte la résurrection de Jésus doit être annoncée en priorité à toutes les personnes qui sont rejetées par notre société et qui même, parfois, se sentent incomprises par l'Église-institution elle-même. Il importe que les blessés de la vie, les meurtris de l'existence, les pécheurs eux-mêmes, sachent qu'ils sont profondément aimés de Jésus, qu'ils ne sont ni jugés ni condamnés par Lui et ses représentants sur terre. Aujourd'hui, il me semble que l'Esprit invite les chrétiens dans le monde à être des témoins de la miséricorde, habités par la douceur et le respect, manifestant la tendresse de Dieu pour toutes ces personnes blessées, désemparées, déboussolées dont le monde est rempli. Jean-Paul II savait faire passer cela, et ceux qui lui étaient proches racontent que dans les dernières années de sa vie, cette dimension de miséricorde et de douceur devenait de plus en plus forte chez lui… Ses successeurs l’ont manifestée aussi, François en particulier, qui a invité tous les croyants à « aller vers les périphéries ». Le Seigneur ne nous laissera pas orphelin. Cette conviction de notre foi est aussi le rocher sur lequel s'appuie notre espérance.  

 

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