A DIM 15 - C'est à vous qu'est donné
" À vous il est donné de connaître
les mystères du royaume des Cieux." (Mt 13,11)
: C'est à vous, mes amis, vous qui êtes là ce dimanche,
qu'est donné le mystère du royaume des Cieux !
Laissons cette parole nous toucher : "C’est
à vous qu’est donné le mystère du royaume des Cieux"… Laissons cette
parole cheminer jusqu'à notre cœur. Acceptons-la. Goûtons-là pour qu’elle
nourrisse notre foi, pour qu’elle nous porte !
On a beaucoup parlé ces derniers temps du « rêve
américain », à l’occasion du 250ème anniversaire de l’indépendance
des Etats-Unis. Que ce rêve demeure toujours ou pas aujourd’hui – à l’ère Trump,
il est un des fondements sur lequel s’est construit ce pays d’émigrants partis
chercher une vie meilleure outre-Atlantique.
Il me semble qu’on peut tenter une sorte de
parallèle avec notre expression évangélique « le mystère du royaume des
cieux ». Pour les chrétiens, ceux de jadis comme les actuels, ce terme
et ce qu’il recouvre doit avoir une portée mobilisatrice, quelque chose qui
donne sens à la vie et propulse vers l’avant – tout comme l’a été le « rêve
américain » pour ces millions de gens partis chercher fortune aux « states ».
Alors, frères et sœurs, pour vous qui l’entendez en
ce jour, qu’est-ce que ça vous fait que le Seigneur Jésus vous dise : « C'est à vous qu'est donné le mystère du
royaume des Cieux » ? Qu’est-ce
que ça vous fait ??
Ben moi, ça m’étonne d’abord. Déjà parce que je ne
sais pas trop ce que c’est que ce royaume des Cieux…
Ça m’étonne et puis ça m’émerveille. Je me dis :
il y a quelque chose que je suis sensé vivre, que j’ai en moi et qui m’anime, et
que pourtant je ne connais pas intellectuellement. Mais, dit Jésus, cela m’est
donné. Je peux l’appréhender, le ressentir…
« C'est à vous qu'est donné le mystère du
royaume des Cieux ». Et ça c’est
merveilleux ! Parce que c’est de Dieu qu’il s’agit, évidemment (dès qu’on
parle du Ciel). Donc, j’ai quelque chose de Dieu en moi.
Attention à propos du vocabulaire, il ne faut pas
se méprendre : quand on parle du « royaume des Cieux », ce n’est
pas un lieu, c’est une action. Et on voit dans ces paraboles de Matthieu
13 que cette action de Dieu est créatrice, elle apporte quelque chose de bon
avec générosité, elle améliore la situation. C’est pour cela que l’on appelle
le message de Jésus l’Évangile, la meilleure de toutes les nouvelles.
Donc, il y a quelque chose de Dieu en moi, c’est une
action bénéfique et bienfaisante, transformante comme « le rêve de Dieu
pour l’humanité » ; cela m’est donné gratuitement et je peux y
collaborer si j’y adhère pleinement.
Des millions de chrétiens y croient pour aujourd’hui
et cela change leur vie et celle des autres.
Mais alors, excusez-moi, mais comment cela se
fait-il que pour certains ce « royaume » (ou le rêve de Dieu) est
vraiment à l’œuvre tandis que chez d’autres, il semble endormi, absent ou
carrément inexistant ?
-> C’est pour expliquer cela que Jésus a raconté
cette parabole du Semeur que nous venons d’entendre : Pour que le rêve
de Dieu s’incarne, pour qu’il germe et grandisse, il a besoin -comme une plante
née d’une graine-, d’une bonne terre. Je suis cette terre. Je suis
toujours étonné de ce que le royaume – la parole de Dieu qui en est la semence –,
de ce qu’il peut faire dans ma vie, quand je le laisse un tout petit peu faire
son travail. C’est fou ! Et cela me procure beaucoup de joie, avec un peu
de regrets aussi parce que je sais bien quand j’y met des limites, des freins…
Oui, la sécheresse, le manque de racines, les
pierres, les oiseaux et les ronces, tout ça j’ai aussi. Mais j’ai surtout comme
vous frères et sœurs, la bonne terre – cette nature profonde en moi qui est
à l’image de Dieu, et celle-là ne manque jamais de porter du fruit dès que la
Parole la touche et descend en elle.
Chez vous aussi, frères et sœurs chrétiens, il y a cette bonne terre prête à toutes les fécondités - juste qu'il ne faut pas perdre de vue le rêve de Dieu (lequel vaut bien mieux que "le rêve américain"), et comme les bacs de fleurs qui sont sur mon blacon, il ne faut pas oublier non plus d'arroser la terre surtout en ce temps de canicule, ^tot le matin ou en fin de journée, et ça c'est ma seule responsabilité: les fleurs elles poussent toutes seules, mais si j'oublie d'arroser... après plusieurs jours il ne restera pas grand-chose ! Ma façon d'arroser, c'est d'abord prier, me mettre au diapason de la joie de Celui qui donne la semence. Ensuite, enrichir la terre avec l'engrais de mon amour et de ma disponibilité. Tout le reste vient de Dieu !
À propos de l’eau… qui risque de venir à manquer si
la sécheresse actuelle perdure… Vous le savez certainement, l’eau porte en
elle un paradoxe : Plus la terre est sèche moins la pluie la pénètre.
Plus la terre est humide mieux la pluie l’irrigue. – Au début, quand il ne
pleut plus, on ne sent pas la sécheresse ; la végétation qui recouvre la
terre la protège et maintient un certain niveau d’humidité. Il en va de même
dans la vie spirituelle : On peut s’abstenir de prier, de méditer la Parole
et d’aller à la messe pendant un certain temps sans conséquences visibles. Mais
plus la sécheresse se prolonge et le manque d’eau s’intensifie, plus la végétation
se dessèche et la terre se craquèle, durcit, devient incapable d’absorber la moindre
goutte d’eau qui un jour va rouler à sa surface et se perdre – même s’il s’agit
d’un torrent.* Le drame spirituel de notre époque est à l’image du drame
écologique qui se joue aujourd’hui également.
Frères et sœurs, gardons-bien notre terre humide (celle
de notre jardin mais aussi de notre cœur), fréquentons l’église et les
sacrements, vivons la prière quotidienne : cette eau-là, nous n’avons pas
besoin de l’économiser ! La Parole de Dieu alors portera son fruit en nous,
comme le dit ce beau passage d’Isaïe bien adapté à notre été si sec :
« Ainsi parle le Seigneur : ’’La pluie et
la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la
terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au
semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de
ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.’’ » (Is 55,10-11)
Que la joie du Semeur soit en vous ! Amen.
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(*) Il en est de même pour la parole de Dieu. Moins
nous la fréquentons, moins elle nous touche quand elle nous visite. Plus nous
la fréquentons, mieux elle nourrit notre foi quand passe le Seigneur.
MEDITATION

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