A CAR 05 - En nous voyant vivre
Dimanche
après dimanche, les évangiles de ce Carême nous préparent à Pâques, et plus
précisément, au renouvellement de notre Profession de Foi de baptisés, au cours
de la liturgie pascale, et avec tous les adultes qui seront baptisés dans la
nuit.
Au
terme de notre cheminement, avec Marthe et Marie, nous recevons la dernière
catéchèse : QUI EST JESUS POUR VOUS ? POUR TOI ?
-Les
apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont de la Transfiguration avaient
entendu la voix qui disait : “ Celui-ci est : mon Fils
bien-aimé ” .
-La
Samaritaine l’avait reconnu comme le Messie, son Sauveur personnel et le
Sauveur du monde.
-L’aveugle-né
avait admis qu’il était le Fils de l’Homme, et la Lumière du monde… Et Marthe
et Marie, les sœurs de Lazare, confessent qu’il est vraiment le Fils de Dieu,
le Seigneur de la vie.
Tout
cela, pas avant, mais après un cheminement plus ou moins long dans la
foi, à partir d’une situation concrète, et un dialogue personnel avec
Jésus de ces hommes et femmes devenus témoins du Christ.
Dans deux petites semaines, dans la liturgie pascale, le prêtre vous posera la même question : “ Croyez-vous en Dieu ? et en Jésus, le Christ ? Qui est-il pour vous ? ”
Et vous devrez répondre, non pas avec une réponse
toute faite, mais avec une réponse venue de votre coeur et de votre vie, de votre rencontre
personnelle avec le Seigneur.
Le Carême est fait pour ça : pour nous permettre de refaire l’expérience de Jésus agissant dans nos vies, comme il a agi dans celle de la Samaritaine, de l'aveugle-né, de Lazare et de ses sœurs… Et de croire en lui ! Faut que ça vienne des “ tripes ” !
“ Oui, Seigneur, tu es le
Christ, je le crois ; tu es le fils de Dieu, celui qui me sauve et qui
sauve ce monde où je vis… Et par ma communion aujourd’hui, ou ce jour de
Pâques, je veux te faire venir au creux même de mon être, avec ton Corps vivant
qui est la vraie nourriture de ma foi… ”
Je me
suis parfois demandé ce qui était advenu de Lazare après sa
“ résurrection ”. Pas vous ?
Sûr
qu’il a dû être pas mal un objet de curiosité et peut-être aussi d’une certaine
peur. On devait l’appeler le miraculé, le ressuscité…l’homme qui a vu
la mort et qui en est revenu ! Sûr aussi qu’il ne devait plus être
comme avant. On ne revient pas de si loin sans en garder la trace… On devait
venir chez lui en pèlerinage, pour le voir, lui parler, sans oser sans doute le
toucher…
Mais si lui, Lazare, avait changé, ses sœurs aussi n’étaient plus les mêmes, ne vivaient plus comme avant. LEUR VIE AVAIT PRIS UN NOUVEAU SENS.
Ce Jésus qui était précédemment leur ami, qu’elles avaient côtoyé, qu’elles aimaient et respectaient comme un homme de Dieu, un ‘rabbi’, et bien cet ami ne s’était pas contenté de leur amitié !
Jésus ne se contente pas que nous soyons amis avec lui, que nous le trouvions sympathique et même que de temps en temps nous allions à la messe pour lui faire plaisir, en le ‘fréquentant’ comme Marthe et Marie. NON, IL VEUT NOTRE FOI :
Il a
attendu que la situation soit sans issue, que Lazare son ami soit mort, il
n’est pas venu le guérir malgré les demandes répétées, pour ‘obliger’ si je
puis dire Marie et sa sœur Marthe à creuser leur foi, à la porter jusqu’à ce
point-là : quand tout est perdu, eh bien, je crois, je crois
toujours et plus que jamais en toi, Jésus !
Ce
n’est pas par sadisme ou par dureté de cœur qu’il n’a pas voulu guérir Lazare
qu’il aimait : c’est que la FOI, qui
est plus importante que tout le reste, même la santé, même la vie physique,
même nos liens les plus tendres..., la FOI va jaillir de cette épreuve.
Précisément, le texte se termine ainsi : “ Voyant ce qu’avait fait Jésus, beaucoup de Juifs crurent en lui ”.
Ils crurent en lui. Après Marthe. Après Marie. Qui, elles, ont plongé dans le noir, sans la moindre certitude, avec le cœur déchiré : elles ont vraiment cru de la vraie foi chrétienne. Celle qui ne s’appuie sur aucune preuve, et qui se vit dans les mauvais jours plus que dans les bons.
Cette foi là, je l’ai rencontrée chez quelques personnes que la vie avait aussi malmenées et meurtries. Des gens souvent humbles, d’une foi tout simple, frappés par un deuil cruel, et qui ne se laissaient pas écraser par leur souffrance mais qui au contraire relevaient les autres avec leur foi ; ou des personnes qui n’en finissaient pas de subir des épreuves, qui ne voyaient pas le moindre bout du tunnel, mais qui s’accrochaient malgré tout à la prière en Celui qui était leur Sauveur. Ou qui préféraient alléger les fardeaux des autres que de se plaindre… J'en étais chaque fois bouleversé, ému de voir cette confiance chez ces personnes !
Ça, ce
sont des chrétiens ! Et - je puis le dire avec Jésus -, ils sont déjà
ressuscités en quelque sorte, ils sont, eux, déjà passés de la mort (le
repli sur soi) à la vie (l’ouverture par la foi à Dieu et aux autres). Ils sont
aussi vivants que Lazare sorti du tombeau, plus même sans doute !
Eh
bien, frères et sœurs, j’espère qu’à Pâques notre Profession de Foi à chacun de nous sera aussi
belle et surtout vraie. Car, vous le savez déjà, croire, c’est toute une
façon de vivre. D’aimer. D’espérer.
Alors,
vous étonnerez les gens autant que Lazare sorti du tombeau !
Et peut-être que les jeunes qui nous voient vivre, les athées, les blasés ou les mal-croyants se remettrons à croire un peu plus, sinon malgré nous, du moins au travers de nous ?…
RENDEZ-VOUS A PÂQUES !
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