A RAMEAUX - élevez-vous, portes éternelles !

 




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Bonjour. Aujourd’hui, dimanche des Rameaux et de la Passion. Un « dimanche pas comme les autres ».

Vous avez bien pris votre place, votre coin de banc ou votre siège préféré ? Bien.

 

Alors je vais vous faire déménager. Vous allez vous lever, et venir avec moi à l’entrée de l’église près des portes. Pourquoi ?

 

D’abord, pour accueillir le Roi de gloire, Jésus qui vient vivre ses derniers instants dans sa Cité, la Ville Sainte, son Eglise aujourd’hui. Nous allons l’acclamer avec les branches de buis, ces rameaux qu’agitait en signe de joie la foule de Jérusalem.

 

Ensuite, parce que nous devons chacun trouver une place, notre vraie place dans ce drame qui se joue indéfiniment, et où nous avons accepté de suivre Jésus quand nous sommes devenus chrétiens.

 

Nous savons déjà où Jésus sera, dans cette semaine sainte que nous allons revivre jusqu’à Pâques. 

Et nous, où serons-nous ?


Serons-nous avec Lui -de cœur et d’âme-

et avec nos frères humains qui subissent eux aussi la passion ?

 

Ou bien, serons-nous comme les soldats qui se sont partagé ses vêtements et « restaient là, assis, à le (re)garder » (Mt 27,36).

                                                

* * * *

 

 

Après la lecture de la Passion

 

 

Dans quoi sommes-nous entrés ce matin ?

 

Je vous l’ai dit, nous ne sommes pas seulement entrés dans l’église,

nous sommes entrés dans la grande semaine

Nous sommes entrés dans le grand récit.

 

Nous voilà pris dans le grand travail de mémoire.

Mais pas simplement pour rejouer l’histoire du héros, rejouer la pièce à l’infini, suivre les épisodes d’une série dont on connaîtrait déjà la fin, assister au spectacle.

 

Non, il s’agit de nous engager tout entier dans la semaine qui parle de nous, qui parle de nos vies, qui dit tout de nos vies et de celles de nos frères,

nos sœurs et nos frères du Liban et de Gaza, de Kiev et de Zaporitza, du Soudan et de Téhéran, de Tel Aviv, de ma ville, de mon quartier et du monde entier …

 

Oui, c’est bien de nous que parle chaque jour de cette Semaine.

 


=> Jésus ne traverse pas sa passion pour que nous le regardions faire :

Il nous entraîne avec lui pour nous révéler ce que nous sommes

 

La foule qui acclame et qui demande la mort, c’est nous.

Mais l’homme humilié et réduit au silence, ce sont nos humiliations et nos silences.

L’homme broyé par l’injustice, ce sont nos vies malmenées.

L’homme abandonné par tous, c’est notre solitude.

L’homme mis à mort, c’est notre propre mort.

Et l’homme désertant son tombeau, c’est notre vie définitivement relevée !

 


Si nous avons passé la porte de l’église ce matin, ce n’est pas pour repartir, affaire conclue, rameau sous le bras, reprendre nos routines comme si de rien n’était.

 

N’ayons pas peur de nous tenir dans cette semaine, d’y demeurer, de ne pas en sortir avant l’heure :

- Soyons présents jeudi pour le repas qui ouvre le monde à sa vérité

- Soyons présents pour le lavement des pieds qui nous met debout

- Soyons présents pour veiller dans la nuit de l’agonie de jeudi à Vendredi, nuit qui porte toute agonie.

- Soyons présents vendredi pour le chemin de croix qui est un chemin de vie

- Pour célébrer le soir la croix voilée qui va se dévoiler pour ce qu’elle est : la brèche (la porte) par laquelle la joie entre dans le monde

- Soyons présents dans la longue nuit de samedi, déferlement de Parole transmise par les générations, écriture vivifiante et débordante, feu dans la glace de nos coeurs, lumière éclatant dans les ténèbres, eau du baptême éclaboussant nos vies

- Soyons présents enfin au petit matin de Pâques, c’est là notre "point de fuite" (= de convergence, en perspective), notre Sommet et notre Source !

Comment ferions-nous pour ne pas être là à l’heure où se célèbre le cœur de notre foi, toute notre espérance, toute notre joie ?

 

Si nous avons passé la porte, soyons logiques, soyons adultes, soyons affamés de ce que nous avons à traverser ensemble. N’en perdons pas une miette.


La croix = la porte

« Élevez-vous portes éternelles -chante le Psalmiste-, qu’il entre le roi de gloire ! »

 

S’il entre, ne soyons pas dehors !



                                                

* * * *


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Amen !

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